Portfolio
Rûmeysa CAN
À propos
Ce qui m'anime, c'est donner du sens aux données. Cellule par cellule, neurone par neurone, patient par patient. Pas juste faire tourner un pipeline mais comprendre ce que les données racontent vraiment. Ce qui me fascine dans la biologie, c'est qu'elle a résolu des problèmes avant nous. Le cerveau fonctionne déjà comme une architecture distribuée, le neurone comme une unité de calcul, la plasticité comme un algorithme d'apprentissage. L'informatique essaie encore de comprendre ce que le vivant fait naturellement. Et au milieu de tout ça, il y a une question qui me revient : que fait le stress au cerveau ? Concrètement. Comment une exposition prolongée au danger, un échec répété, un trauma réduit la neurogenèse hippocampique (Gould et al., 1998 ; McEwen, 2007), efface ou distord les souvenirs (une amnésie qui n'est pas un oubli mais une lésion — Sapolsky, 2017) et laisse des traces mesurables dans les circuits (LeDoux, 2015). Le cerveau garde une mémoire du stress. Cette mémoire est biologique.
Mes deux stages montrent ces deux facettes. Au NeuroPSI (CNRS, Paris-Saclay), j'ai travaillé sur le traitement sensoriel du cortex somatosensoriel murin : tracking comportemental par deep learning, électrophysiologie, imagerie calcique GCaMP. Au BME Lab (Hôpital Saint-Joseph), j'ai manipulé des données cliniques réelles structurées en OMOP-CDM avec tout ce que ça implique : hétérogénéité, valeurs manquantes, contraintes RGPD. Ces deux expériences forment un fil continu : relier la biologie des mécanismes aux données réelles.
En dehors du labo, la photographie m'aide à voir autrement. Elle m'oblige à chercher ce qui n'est pas immédiatement visible.
Formation

| Bioinformatique | BioinformatiqueÉpigénétiqueOutils mathématiquesInformatique |
| Neurosciences | NeurosciencesPhysiologie intégrativeImagerie médicaleBiocapteurs |
| Physique | MécaniqueOptiqueIngénierieOutils mathématiques |
| Biologie | Biologie moléculaireImmunologieStatistiques biologiques |

Expériences de recherche

L'équipe de Recherche Clinique en biostatistiques et data science de l'Hôpital Paris Saint-Joseph exploite les entrepôts de données de santé (EDS-SPHERE, CODOC) pour des études cliniques. J'ai intégré l'équipe de Pauline Bian, spécialisée dans la biostatistique appliquée à la recherche médicale. Le PSA post-opératoire à 3 mois est-il prédictif de l'évolution d'un cancer de prostate découvert fortuitement sur les copeaux d'énucléation HoLEP ?
Mon rôle : me familiariser avec l'extraction de cohortes via les bases PMSI et DxCare, observer la construction du dataframe et la modélisation prédictive sous R (régression logistique et forêts aléatoires) appliquées au projet HoLEP-iCaP.
En parallèle, j'ai découvert le fonctionnement des entrepôts de données de santé et leurs contraintes réelles : hétérogénéité des sources, données en texte libre à structurer, normes CNIL/RGPD strictes. Il faut d'abord comprendre le modèle de données avant même de formuler une question. C'est là que j'ai compris ce que signifient vraiment les « données réelles ».

NeuroPSI est un institut de neurosciences du CNRS qui étudie les mécanismes cellulaires et intégratifs du système nerveux. J'ai rejoint l'équipe d'Anton Dogadov, spécialisée dans l'étude de l'activité corticale de la souris. Comment le cerveau encode les signaux sensoriels, enregistrés par imagerie calcique grande vitesse chez une souris transgénique exprimant GCaMP6f dans les neurones corticaux excitateurs.
Mon rôle : construire un pipeline de tracking comportemental avec DeepLabCut pour annoter automatiquement les mouvements de vibrisses sur des milliers d'images. L'extraction des keypoints image par image permettait ensuite d'analyser les trajectoires sous MATLAB : angles, vitesses, amplitudes.
En parallèle, je me suis familiarisée avec les outils génétiques Cre-Lox, j'ai observé une procédure chirurgicale sur souris et analysé des données d'imagerie calcique biphotonique du cortex somatosensoriel. Voir l'activité neuronale en temps réel dans un cerveau vivant, corrélée aux mouvements détectés automatiquement. Les résultats ont été directement intégrés au projet de recherche de l'équipe. C'est ce stage qui a ancré mon intérêt pour les neurosciences computationnelles.
Projets
Compétences
Programmation
Bioinformatique & Neuro
Labo
Langues
Certifications
.AI
Recherches personnelles
Une exploration personnelle à partir de la littérature neuroscientifique : que se passe-t-il dans le cerveau face à l'échec ? LeDoux (2015, Anxious) décrit comment l'amygdale génère des réponses de peur avant toute évaluation consciente. Sapolsky (2017, Behave) montre que le stress chronique réduit la densité dendritique dans le cortex préfrontal. Littéralement, l'échec répété peut altérer les capacités d'évaluation future. Damasio (The Feeling of What Happens, 1999) lie les émotions à la construction du soi via les marqueurs somatiques.
Ce que ces trois lectures ont en commun : les émotions ne sont pas des interférences avec la cognition. Elles en sont une composante. La philosophie stoïcienne (Épictète, Marc Aurèle) et Montaigne proposent des stratégies de reconfiguration cognitive que les neurosciences commencent à formaliser sous d'autres noms.
Neuroimagerie et données omiques — le cas du glioblastome
Bioinformatique · Neuroimagerie · Oncologie computationnelle
Le glioblastome est la tumeur cérébrale la plus agressive. Survie médiane de 15 mois malgré chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Ce qui rend cette tumeur aussi difficile à traiter, c'est son hétérogénéité. Pas juste entre patients mais au sein d'une même tumeur. Chaque région peut avoir un profil moléculaire différent.
Les approches récentes combinent neuroimagerie et données omiques. L'IRM multiparamétrique détecte des zones hypermétaboliques dans les régions péritumorales. Ces zones sont enrichies en cellules souches de glioblastome. Les cellules les plus agressives et résistantes aux traitements. Mais l'imagerie seule ne suffit pas. Il faut la croiser avec les données transcriptomiques pour comprendre quels gènes sont actifs dans ces zones.
Des équipes comme CANTHER (CNRS/Inserm/Lille) ont utilisé le machine learning pour unifier les données de 16 études internationales. 1600 patients. Résultat : une cartographie de l'activité transcriptionnelle identifiant 7 sous-types tumoraux avec des mécanismes biologiques et un pronostic différents. L'outil (GBM-cRegMap) est désormais public.
Ce qui m'intéresse dans ces approches, c'est l'intégration. L'imagerie donne une vue spatiale de la tumeur. Les données omiques donnent le profil moléculaire. Mais il faut relier les deux. Identifier quelles régions visibles à l'IRM correspondent à quels sous-types moléculaires. C'est exactement le type de problème où la bioinformatique devient indispensable. Pas pour remplacer l'expertise clinique, mais pour faire le pont entre l'image et la molécule.
En dehors du labo
J'aime lire en dehors du cursus. Neurosciences, philosophie de l'esprit, vulgarisation. Ce qui me passionne : comprendre le cerveau depuis les angles que le cours n'aborde pas.
Photographie & intérêts
Photographier c'est apprendre à regarder autrement. Trouver la structure dans le désordre, la géométrie dans le vivant. Une façon de prolonger hors du labo la même attention aux détails.
Nénuphars — lumière rasante sur l'eau
Imagerie calcique GCaMP, NeuroPSI 2023